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Le blog Culture-Clash, comme Radio Clash, l'émission que nous réalisons et que vous pouvez écouter en direct, via internet, tous les jeudis soirs, de 20h à 21h, (www.beaubfm.org), donnent la parole à ceux qui luttent contre le capitalisme. Ces luttes sont souvent partielles et eclatées, nous avons donc besoin de construire des outils concrets de solidarité entre nous, nous devons également apprendre des luttes révolutionnaires présentes ou passées pour définir ce que nous voulons et ce que nous ne voulons plus.
Réagissez, contactez-nous, écrivez nous, c'est ensemble que nous pourrons construire une politique au service des exploités,  une politique qui mène de la résistance à la révolution.
Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 19:58
- Publié dans : Histoire

La République démocratique allemande aura vécu 41 ans. Sa création même, le 7 octobre 1949, a été décidée par l'URSS, à partir de la zone allemande occupée par les troupes soviétiques.

 

Il s'agissait d'une réponse à la création de la République fédérale allemande à partir de la zone d'occupation anglo-franco-américaine... 14.000 soldats étaient affectées à la surveillance de sa frontière avec l'ouest capitaliste, une frontière hérissée de 2.230.000 mines et de plus de 80.000 km de barbelés.

 

Le régime voulu par les soviétique fonctionnait avec à sa tête un parti unique : la SED, née de la fusion du parti communiste et du parti social-démocrate. L'Etat et le parti étaient formellement séparés, dans la réalité ils ne faisaient qu'un.

 

Le nouveau gouvernement est-allemand commencera par poursuivre la campagne de dénazification initiée par l'URSS.

 

Au niveau agricole, les troupes soviétiques avaient déjà exproprié les grands propriétaires terriens, les nazis et les criminels de guerre.

 

La terre sera redistribuée aux paysans, ils garderont leurs titres de propriétés puis ils se regrouperont en vastes coopératives productivistes au début des années 50. Un système d'entraide sera mis en place pour pallier au déficit technique dont ils souffrent alors.

 

Au plan de l'industrie, qui emploie 40% de la population active au début des années 50, l'Etat met en place une politique de nationalisation et de planification... là encore sous le contrôle étroit de l'URSS.

 

A la fin de la seconde guerre mondiale, les accords de Potsdam ont fixé à plus de 10 milliards de dollars les réparations que doit l'Allemagne à l'Union soviétique. Cette dernière est autorisée à prélever jusqu'à 40% de l'équipement industriel dans sa zone d'occupation. Des voies ferrées seront arrachées, des usines démontées et remontées en URSS. 600 usines d'armements seront ainsi "transférées" en territoire soviétique. 200 autres resteront en Allemagne, sous le contrôle de sociétés anonymes soviétiques.

 

Le secteur nationalisé concentrera 75% des industries. Le premier plan quinquennal, qui débute en 1951, prévoit une forte hausse de la production au niveau de l'industrie lourde, il prévoit également un rendement accru. Il sera à l'origine de l'insurrection ouvrière que connait la RDA en 1953.

 

En juin 1953, en effet, c'est un véritable soulèvement qui embrase l'Allemagne de l'Est. Cette insurrection trop ouvrière pour séduire l'Ouest capitaliste.... et pour ne pas embarrasser l'Est socialiste, sera longtemps passée sous silence.

 

Les premières grèves éclatent à Berlin-Est, le 11 juin 1953. Le 16 juin, une quarantaine d'ouvriers maçons qui travaillent sur la construction de la Stalinallee se mettent en grève et décident d'aller remettre une pétition au gouvernement. Ils réclament le retour aux anciennes normes de travail et ils dénoncent l'augmentation des cadences de 10% mise en place sans contrepartie. A l'arrivée, le cortège compte 2.000 personnes.

 

Pendant la nuit, plusieurs entreprises se mettent en grève. Le lendemain, ce sont des dizaines de milliers de personnes descendent dans les rues des principales villes de RDA. Une foule de 60.000 personnes s'en prend aux dirigeants du pays, attaque la police et incendie des entrepôts... Le chef du gouvernement, Walther Ulbricht, un ancien social-démocrate réfugié à Moscou pendant la guerre, décide de faire appel aux troupes soviétiques pour rétablir l'ordre.

 

L'Etat de siège est proclamé. Le soulèvement est violemment réprimé par la police est-allemande et par les troupes d'occupation : 3.000 personnes sont arrêtées, 16.000 seront emprisonnées par le gouvernement Ulbricht. L'émeute passée, le gouvernement continue de frapper l'opposition.

 

Pour fuir la répression de nombreux allemands quitteront clandestinement la RDA, certain y laisseront la vie. Ce pays de 19 millions d'habitants en perd trois millions dans l'immédiat après-guerre, ce qui entrainera, en partie, la fermeture des frontières à l'Est et la construction du mur à partir du 13 août 1961.

 

Il faut noter que, dans l'immédiat après-guerre, les conditions de vie de la population sont très mauvaises. Malgré un coût politique désastreux le développement intensif de la production portera ses fruits. La RDA devient la deuxième puissance économique du bloc de l'Est. La spécialisation imposée par les soviétiques conduira au développement de l'optique, de la chimie et de l'extraction du lignite.

 

Comme dans les autres démocraties populaires, toutes les décisions sont prises bureaucratiquement par le parti. La population est étroitement surveillée par la police politique, la Stasi. Les ouvriers ne sont pas associés aux décisions qui concernent la production. Les rapports sociaux hérités du capitalisme ne changent donc pas : les dirigeants dirigent, les dirigés sont fermement priés de suivre.

 

La logique productiviste va porter ses fruits. Le niveau de vie s'élève dans les années 60, avant qu'une crise structurelle en vienne à paralyser l'économie des pays "socialiste". Si la population a accès aux soins et à un haut niveau d'éducation, le système reste particulièrement étouffant.

 

L'exode se fait de plus en plus massif et le mécontentement grandit. Les "manifestations du lundi" qui se rédoulent de septembre à mars 1989 préfigurent la chute du mur. Des milliers de personnes réclament alors des réformes et la liberté de circulation. L'URSS ayant indiqué qu'elle n'utiliserait pas la force, le régime, acculé et en bout de course, s'effondre brutalement, ce qui conduira à la réunification de l'Allemagne, après les premières élections libres qu'ait connu le pays.

 

Aujourd'hui, la situation reste particulièrement difficile. L'industrie a été démantelée ou plutôt aspirée par les trusts allemands qui n'ont conservé que les secteurs les plus rentables, l'Allemagne de l'Est compte deux fois plus de chômeurs que l'ouest. La crise sert de terreau aux organisations d'extrême-droite. L'ancien parti unique, converti au réformisme de gauche, est revenu sur la scène politique, sans être porteur d'une véritable alternative.

 

Au coeur de l'exploitation et dans les usines, rien n'a changé pour les travailleurs d'Allemagne.

(Par Jaz.)

 

Par Culture Clash
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Pourquoi culture clash?

avatar-blog-1150193706-tmpphpqBtchOPourquoi culture clash? Internet déborde déjà d’une multitude de blogs qui décrivent chacun leur petite parcelle de réalité... on s’y raconte, on s’y rencontre et on s’y met en scène. Le capitalisme a compris depuis longtemps que la libre circulation des «opinions» ne le menace pas. Dans les faits, il s’agit simplement de masquer la brutalité de l’idéologie dominante, de ce qui fonde la reproduction du système dans lequel nous vivons, sous de multiples expressions «individuelles» désordonnées... De «ferme ta gueule» à «cause toujours», l’effet reste le même et les vaches, ou plutôt les moutons, sont bien gardés.

Un révolutionnaire chinois aimait dire que sans enquête il n'y a pas de droit à la parole. Cette phrase, qui fait frémir à bon droit nombre de démocrates, ne dit qu’une seule chose: sans politique, sans pratique politique réelle, il n’y a rien à dire et rien à écrire.

Il ne s’agit donc pas ici d’engager le combat, par clavier interposé, contre le capitalisme. Ce combat se livre tous les jours.
Il ne s’agit pas non plus de passer un costume révolutionnaire comme on devient ninja ou chevalier de la lune en se branchant sur une banale console de jeux vidéo.
Le communisme n'est pas un divertissement, ce n'est pas non plus un défouloir ou un dépotoir, c'est une politique qui plonge ses racines dans la lutte des classes, dans ce que nous vivons tous les jours, au travail et en dehors.

Mais pour le penser, il faut faire émerger les fragments de cette réalité de lutte, désordonnés et éparpillés, que camoufle l’idéologie dominante et ses avatars de toutes «opinions». Rendre visible l'invisible, ce dont personne ne parle : à commencer par la violence de l'exploitation que nous subissons.

Il s’agit de mener la lutte des classes au niveau des idées comme on la mène sur tous les terrains. L’emploi du «je» dans certains articles n’implique aucune rupture avec le «nous» que nécessite l’organisation des révolutionnaires, il démontre plutôt que la politique communiste doit aussi se vivre à l’intérieur de chaque sensibilité particulière, malgré ou à cause des tiraillements qu’elle impose.

L’activité théorique, la lutte théorique doit faire partie de notre quotidien, pour comprendre la situation dans laquelle nous sommes. L’humilité de celui qui apprend doit remplacer l’ironie de celui qui sait ou qui croit savoir, il faut combattre la prétention des militants à s'exprimer sur tout mais à ne rien étudier vraiment.

Le capitalisme n'impose pas seulement une division économique, il impose également une division du travail entre les manuels et les intellectuels. Cette division se reproduit y compris au niveau des structures militantes. Il y a, en France comme ailleurs, une activité militante débordante et multiforme, à quel moment prend-elle appui sur le théorie communiste pour l'approfondir et pour l'améliorer?

Quant aux communistes, à quel moment fondent-ils leur réflexion sur la pratique réelle des luttes de la classe qu'ils se proposent de défendre?

C'est de ce lien entre l'activité pratique et théorique que dépend aujourd'hui la possibilité de fonder ou de refonder une politique révolutionnaire. C'est pour cela qu'il faut débattre, critiquer, s'informer et se former. C'est pour cela qu'il faut se construire un point de vue. C'est pour cela que culture clash existe.

 
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