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avatar-blog-1150193706-tmpphpqBtchOCe blog, comme l'émission Radio Clash que vous pouvez écouter en direct, via internet : www.beaubfm.org, tous les jeudis soirs de 20h à 21h, ou en podcast sur ce site, donnent la parole à celles et à ceux qui se battent contre le capitalisme. Il s'agit d'un outil pour expérimenter une nouvelle manière de s'informer et de débattre en partant des préoccupations réelles qui s'expriment dans les luttes. Ses animatrices et ses animateurs vivent et travaillent dans la banlieue nord de Limoges, ils partagent la même volonté de sortir des discours convenus pour construire une alternative qui prenne en compte tous les aspects de la vie.

La République démocratique allemande aura vécu 41 ans. Sa création même, le 7 octobre 1949, a été décidée par l'URSS, à partir de la zone allemande occupée par les troupes soviétiques.

 

Il s'agissait d'une réponse à la création de la République fédérale allemande à partir de la zone d'occupation anglo-franco-américaine... 14.000 soldats étaient affectées à la surveillance de sa frontière avec l'ouest capitaliste, une frontière hérissée de 2.230.000 mines et de plus de 80.000 km de barbelés.

 

Le régime voulu par les soviétique fonctionnait avec à sa tête un parti unique : la SED, née de la fusion du parti communiste et du parti social-démocrate. L'Etat et le parti étaient formellement séparés, dans la réalité ils ne faisaient qu'un.

 

Le nouveau gouvernement est-allemand commencera par poursuivre la campagne de dénazification initiée par l'URSS.

 

Au niveau agricole, les troupes soviétiques avaient déjà exproprié les grands propriétaires terriens, les nazis et les criminels de guerre.

 

La terre sera redistribuée aux paysans, ils garderont leurs titres de propriétés puis ils se regrouperont en vastes coopératives productivistes au début des années 50. Un système d'entraide sera mis en place pour pallier au déficit technique dont ils souffrent alors.

 

Au plan de l'industrie, qui emploie 40% de la population active au début des années 50, l'Etat met en place une politique de nationalisation et de planification... là encore sous le contrôle étroit de l'URSS.

 

A la fin de la seconde guerre mondiale, les accords de Potsdam ont fixé à plus de 10 milliards de dollars les réparations que doit l'Allemagne à l'Union soviétique. Cette dernière est autorisée à prélever jusqu'à 40% de l'équipement industriel dans sa zone d'occupation. Des voies ferrées seront arrachées, des usines démontées et remontées en URSS. 600 usines d'armements seront ainsi "transférées" en territoire soviétique. 200 autres resteront en Allemagne, sous le contrôle de sociétés anonymes soviétiques.

 

Le secteur nationalisé concentrera 75% des industries. Le premier plan quinquennal, qui débute en 1951, prévoit une forte hausse de la production au niveau de l'industrie lourde, il prévoit également un rendement accru. Il sera à l'origine de l'insurrection ouvrière que connait la RDA en 1953.

 

En juin 1953, en effet, c'est un véritable soulèvement qui embrase l'Allemagne de l'Est. Cette insurrection trop ouvrière pour séduire l'Ouest capitaliste.... et pour ne pas embarrasser l'Est socialiste, sera longtemps passée sous silence.

 

Les premières grèves éclatent à Berlin-Est, le 11 juin 1953. Le 16 juin, une quarantaine d'ouvriers maçons qui travaillent sur la construction de la Stalinallee se mettent en grève et décident d'aller remettre une pétition au gouvernement. Ils réclament le retour aux anciennes normes de travail et ils dénoncent l'augmentation des cadences de 10% mise en place sans contrepartie. A l'arrivée, le cortège compte 2.000 personnes.

 

Pendant la nuit, plusieurs entreprises se mettent en grève. Le lendemain, ce sont des dizaines de milliers de personnes descendent dans les rues des principales villes de RDA. Une foule de 60.000 personnes s'en prend aux dirigeants du pays, attaque la police et incendie des entrepôts... Le chef du gouvernement, Walther Ulbricht, un ancien social-démocrate réfugié à Moscou pendant la guerre, décide de faire appel aux troupes soviétiques pour rétablir l'ordre.

 

L'Etat de siège est proclamé. Le soulèvement est violemment réprimé par la police est-allemande et par les troupes d'occupation : 3.000 personnes sont arrêtées, 16.000 seront emprisonnées par le gouvernement Ulbricht. L'émeute passée, le gouvernement continue de frapper l'opposition.

 

Pour fuir la répression de nombreux allemands quitteront clandestinement la RDA, certain y laisseront la vie. Ce pays de 19 millions d'habitants en perd trois millions dans l'immédiat après-guerre, ce qui entrainera, en partie, la fermeture des frontières à l'Est et la construction du mur à partir du 13 août 1961.

 

Il faut noter que, dans l'immédiat après-guerre, les conditions de vie de la population sont très mauvaises. Malgré un coût politique désastreux le développement intensif de la production portera ses fruits. La RDA devient la deuxième puissance économique du bloc de l'Est. La spécialisation imposée par les soviétiques conduira au développement de l'optique, de la chimie et de l'extraction du lignite.

 

Comme dans les autres démocraties populaires, toutes les décisions sont prises bureaucratiquement par le parti. La population est étroitement surveillée par la police politique, la Stasi. Les ouvriers ne sont pas associés aux décisions qui concernent la production. Les rapports sociaux hérités du capitalisme ne changent donc pas : les dirigeants dirigent, les dirigés sont fermement priés de suivre.

 

La logique productiviste va porter ses fruits. Le niveau de vie s'élève dans les années 60, avant qu'une crise structurelle en vienne à paralyser l'économie des pays "socialiste". Si la population a accès aux soins et à un haut niveau d'éducation, le système reste particulièrement étouffant.

 

L'exode se fait de plus en plus massif et le mécontentement grandit. Les "manifestations du lundi" qui se rédoulent de septembre à mars 1989 préfigurent la chute du mur. Des milliers de personnes réclament alors des réformes et la liberté de circulation. L'URSS ayant indiqué qu'elle n'utiliserait pas la force, le régime, acculé et en bout de course, s'effondre brutalement, ce qui conduira à la réunification de l'Allemagne, après les premières élections libres qu'ait connu le pays.

 

Aujourd'hui, la situation reste particulièrement difficile. L'industrie a été démantelée ou plutôt aspirée par les trusts allemands qui n'ont conservé que les secteurs les plus rentables, l'Allemagne de l'Est compte deux fois plus de chômeurs que l'ouest. La crise sert de terreau aux organisations d'extrême-droite. L'ancien parti unique, converti au réformisme de gauche, est revenu sur la scène politique, sans être porteur d'une véritable alternative.

 

Au coeur de l'exploitation et dans les usines, rien n'a changé pour les travailleurs d'Allemagne.

(Par Jaz.)

 

Par Culture Clash - Publié dans : Histoire
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On ne pouvait pas aborder ce début novembre 2009 sans consacrer un Radio Clash à l’un des évènements les plus marquants de la fin du 20ème siècle et de l’histoire des communismes : l’effondrement du bloc de l’Est.

Puisque lundi prochain, le 9 novembre, cela fera exactement 20 ans que le mur de Berlin, symbole le plus flagrant de la guerre froide est tombé.

20 ans, c’est une génération. Pour nous par exemple, ici présents, nous n’étions encore que des enfants ou des adolescents pré-pubères en 1989.

On nous avait alors expliqué cette réalité très manichéenne du monde dans laquelle les deux "grands" tenaient les rênes de la planète, on nous avait parlé de ces populations opprimées à qui on avait voulu apporter le bonheur de force et qui rejetaient le modèle en place, qui aspiraient à consommer.

Nous avons vécu la chute du Rideau de Fer, la réunification de l’Allemagne, l’élargissement de l’Europe. Et aujourd’hui ? On se promène à Berlin et on a du mal à imaginer ce qui existait il y a encore 20 ans.

Le mur n’est quasiment plus. Dans l’euphorie des retrouvailles, les Allemands avaient liquidé tout ce qui venait de l’Est. Restent de nombreuses cicatrices, pas toutes refermées. Aujourd’hui ? On constate avec effroi l’avancée des nauséabondes idées d’extrême droite à l’Est. On entend parler d’"Ostalgie" (nostalgie de la vie quotidienne à l’Est).

Alors, c’était quoi, cette RDA, ce pays d’abord nazi, devenu communiste par suite de conférences et traités, ce pays qui ne faisait que renforcer la ceinture de protection dont l’URSS s’entourait ?

Etait-ce réellement le communisme? Etait-ce un modèle auquel on aspire? Faut-il accepter les clichés dont on nous a nourris depuis toujours avec d’un côté les capitalistes et de l’autre les communistes? Et aujourd’hui, pourquoi vouloir revenir sur le passé ? N’y a-t-il rien d’autre à inventer?

 

(Par Dolly.)

 

Par Culture Clash - Publié dans : Radio Clash
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Syndicaliste étudiant et militant du NPA, Kévin nous raconte ce qui lui est arrivé l'année dernière lors d'une manifestation comme les autres...



1. Peux-tu nous expliquer ce qu'il t'est arrivé l'année dernière à Limoges ?

Alors, Le 7 mai 2008, devant la préfecture de Limoges, des parents, élèves, enseignants et étudiants défendaient dans le calme le service public d'éducation. Les forces de l'ordre sont alors intervenues brutalement, jetant à terre certains manifestants, usant d'une violence excessive. J'ai été violemment frappé, puis arrêté et emmené par les policiers. C'est pourtant deux de ces agents qui ont porté plainte contre moi pour coups et blessures!

 

2. As-tu été à un moment physiquement confronté aux policiers qui t'inculpaient ?

Je n'ai même pas été confronté physiquement à ces policiers ; ce sont d'autres policiers qui m'ont frappé lors de la première charge.

 

3. Quel est le résultat de ces 18 mois de déboires judiciaires ?

J'ai au final été condamné à 800 euros d'amendes avec sursis, et 1000 euros fermes de dommages et intérêts au titre notamment du préjudice moral. Je m'en sors bien financièrement grâce aux collectes organisées par mon comité de soutien et par le NPA, et surtout grâce à tout ceux qui m'ont soutenu.

 

4. L'affaire a-t-elle été relayée dans les médias ? Si oui, comment ?

L'affaire a été très relayée dans tous les médias locaux, grâce aux sollicitations et interventions du comité et du NPA, et même si cela ne m'a pas permis d'être relaxé, je pense que cela a vraiment permis d'alléger la peine.

 

5. Ces mésaventures ont-elles modifié ton militantisme ?

Même si je me retrouve finalement condamné pour des faits pour lesquels je suis innocent, je ne baisserai pas les bras et continuerai à militer comme avant, avec encore plus de motivation encore, car seule la lutte paie même si elle est dure. Arrêter maintenant, ce serait leur donner raison.

 

 

Par Culture Clash - Publié dans : Témoignages
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Définir la répression, ce n'est pas une chose facile parce que, comme l'exploitation qu'elle permet, elle est omniprésente.

On la croise partout, dans l'architecture de nos villes, dans la structure même des bancs du métro, dans la rue et dans nos familles, au travail bien sur, avec toujours le même système hiérarchique qui impose à chacun de rester à sa place...

A l'entrée de l'usine ou du supermarché, dans l'uniforme des vigiles auxquels on dit parfois bonjour sans y penser, et même dans le sourire des enseignants ou des éducateurs.

Parfois elle saute aux yeux : c'est la matraque du CRS, l'ironie du juge, le mur des prisons, celui des centres de rétention ou des centres éducatifs fermés.

Alors évidemment on proteste, au cas par cas, contre une interpellation musclée, contre une expulsion, contre une nouvelle loi particulièrement scélérate ou contre une «bavure»... mais le problème est plus grave, le problème c’est la banalisation même des poursuites, des condamnations et des incarcérations.

Une banalisation qui constitue une arme puissante contre tous ceux qui menacent, qu’ils en aient conscience ou pas, le développement du capitalisme.

Quoi que l’on entende, la justice, ce n'est que la justice des puissants. Si elle condamne lourdement le voleur de téléphone portable et qu'elle laisse filer le patron voyou, ce n'est pas parce qu'elle fonctionne mal… elle fait ce que l'on attend d'elle, bien accrochée à son socle : défendre la propriété privée. Pourquoi serions-nous égaux devant cette loi, que nul n’est censé ignorer, alors que nous ne le sommes devant rien d'autre? Le droit, c'est toujours le droit du plus fort.

Il n'y a qu'à voir l’aisance avec laquelle certains juges passent du tribunal au conseil d'administration de grandes entreprises ou au fauteuil de député. A la tête de l'Etat et des groupes capitalistes les rôles sont interchangeables : le but reste le même, il s'agit toujours de protéger l'exploitation.

Et s'attaquer à l'exploitation c'est aussi s'attaquer à l'enfermement. Les discours sur la sécurité ou sur le caractère pathologique de la délinquance ne doivent pas nous faire oublier l'essentiel. Il y a 64.250 détenus en France. La densité carcérale était de 126% en juin 2008, soit un peu plus de 50.000 places.

Dix établissements ou quartiers ont une densité supérieure à 200%, 42 ont une densité comprise entre 150 et 200%, 51 entre 120 et 150%, 36 entre 100 et 120 % et 87 ont une densité inférieure à 100 %. La construction des 13 000 places supplémentaires, décidée en 2002, devrait être achevée en 2011. Qui peut alors parler de liberté dans un pays où l’enfermement ne souffre d’aucune contestation?

Des rafles médiatiques sont organisées dans les quartiers, on abaisse l'âge de la responsabilité pénale, le fichage se généralise, les éducateurs et les enseignants doivent se comporter comme des indicateurs... Au nom du droit au travail, c'est à dire du droit de profiter, puisque c'est cela faire des profits, les ouvriers en grève subissent la lourde main des CRS ou celle, plus fine mais tout aussi ferme, des procureurs des juges.

Là encore, ce n'est pas la fonction de l’Etat, garant impartial des libertés publiques, qui aurait été brutalement pervertie par le cynisme de la droite. Il n'y a pas d'illusion plus ancrée que celle qui nous vend, à toutes les sauces, un capitalisme à visage humain, tranquillement dirigé par un Etats soucieux du bien commun et partageant équitablement les richesses.

L'Etat ne partage pas, il accompagne l'évolution de l'exploitation, il n'est pas distinct du capitalisme, il fusionne avec lui, il en est l'outil le plus précieux puisqu'il permet à la fois sa conservation et sa reproduction.

L'essence même de l'Etat, quelle que soit son enveloppe spécifique, en fait un instrument façonné par la classe dominante pour reproduire le système.

Dans la France d'aujourd'hui, les conditions de cette reproduction prennent des formes multiples : cela va des programmes de l'enseignement professionnel à la gestion des prisons, de l'achat des dirigeants syndicaux au matraquage des grévistes... mais la finalité ne change pas, il s'agit de maintenir ensemble deux pôles que tout oppose, les exploités et leurs exploiteurs, de maintenir aussi, coute que coute, la domination des seconds sur les premiers.

La question de la répression le montre parfaitement ce n'est pas du manque d'Etat dont nous souffrons. Ce serait étonnant, avec une prison à chaque coin de rue, un policier derrière chaque bosquet quand il fait beau et une prise en charge qui débute dès trois ans, pour commencer à trier dès quatorze ans les futurs cadres et les futurs ouvriers... cela sans oublier l'omniprésence et la multiplicité de lois et de règlements, chaque jour plus nombreux, qui peuvent nous plonger à chaque instant dans l'illégalité.

C'est au contraire de son omniprésence, de son emprise toujours plus ferme et toujours plus rigide, de son extension monstrueuse qui le pousse à faire de nous des rouages, tantôt passifs tantôt actifs, du rouleau compresseur avec lequel il voudrait écraser toute velléité de résistance. Pour cela il réprime mais il dispose aussi de sa propre idéologie, une idéologie de mouchard : la citoyenneté.

Parce qu’aujourd’hui, c'est cela être "citoyen" : c'est dénoncer ses semblables, devenir alternativement un agent du contrôle social et un consommateur peureux. Et c'est là-dessus que s'appuie la logique sécuritaire d'isolement et de soumission à laquelle on voudrait nous enchainer.

Pourtant toutes les campagnes sur l'insécurité, ne peuvent pas nous faire oublier que la première violence c'est celle de l'exploitation et de la misère, celles des massacres perpétrés quotidiennement à travers la planète, planifiés pour servir les intérêts d'une poignée de pays "riches".

Avec la crise, la situation ne pourra que se durcir. C'est pour cela que de nouvelles prisons sortent de terre, que de nouvelles lois sont votées, que l'on condamne des syndicalistes qui ne veulent pas gérer les licenciements de leurs collègues ou la fermeture de leurs usines, que l'on pourchasse les travailleurs immigrés et que l'on poursuit ceux qui les soutiennent. Toute contestation devient illégale parce qu'elle peut de moins en moins être intégrée à la bonne marche du système.

La question, la seule qui vaille, ne tourne donc pas autour de la légalité mais autour du rapport de force qu'il est possible de construire. Un piquet de grève c’est interdit...
C’est cela finalement la répression : nous interdire toute résistance alors que tout nous pousse à résister et nous dépouiller ainsi de tout contrôle sur notre vie et de toute capacité d’agir collectivement pour la changer.
(par Jaz.)
Par Culture Clash - Publié dans : Analyses
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Vous êtes victime d’un contrôle policier qui dérape en GAV? L’important, c’est de faire sanctionner les irrégularités.Les contrôles de Police sont soumis à un ensemble de règlesqui, certes donnent un pouvoir très grand aux agents de la force publique pour contrôler l’identité de la personne, mais qui, si on y regarde bien, sont aussi très contraignantes pour les policiers.

Aussi, bien souvent, ne respecteront-ils pas forcément toutes les règles de procédure dans le feu de l’action. Les irrégularités qui peuvent être commises ne seront sanctionnées qu’après coup, il y a pourtant un certain comportement à adopter pendant le contrôle (1), attitude qui maximisera les chances de faire sanctionner les irrégularités par l’autorité compétente a postériori
(2)

Les choses doivent être claires, il ne sert strictement à rien d’adopter un comportement grossier, de révolte ou de condescendance pendant l’opération de contrôle. Cela ne sert à rien pour deux raisons essentielles :

D’abord le rapport de force est en la défaveur de la personne contrôlée. Non seulement les moyens de coercition sont du côté des forces de l’ordre, mais surtout leur parole est supérieure à celle du simple quidam. Il faut toujours avoir à l’esprit qu’il agissent en tant que délégués de l’Etat, qu’à ce titre ils sont assermentés, et que quand bien mêmes ils agiraient de manière provocatrice, toute attitude de rébellion se retournerait inexorablement contre son auteur.


Les agents et officiers de police sont assermentés, les simples citoyens ne le sont pas. Il est très difficile, voire impossible, de prouver que ce qui est avancé par les forces de l’ordre est faux ou abusif. Il existe deux armes redoutables à la disposition des policiers pour « calmer » les esprits critiques :


- L’infraction d’outrage définie à l’article 433-5 du Code pénal. Les outrages sont définis comme « les gestes, les paroles, ou les menaces adressés à une personne de l’autorité publique dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de sa mission, et qui sont de nature à porter atteinte à sa dignité ou au respect dû à sa fonction. »

  - L’infraction de rébellion définie à l’article 433-6 du Code pénal. La rébellion est définie comme « la résistance violente à une personne dépositaire de l’autorité publique agissant dans l’exercice de ses fonctions pour l’exécution des lois, des ordres de l’autorité publique, des décisions ou mandats de justice. »


Chacune de ces infractions est punie d’une peine d’emprisonnement de 6 mois ainsi que d’une amende de 7 500 €. Il n’est pas nécessaire d’adopter un comportement très excessif pour tomber sous le coup de ces incriminations. Le simple fait de se moquer d’un policier, de lui faire une remarque déplacée, voire même d’avoir un ton irrité suffirait à tomber sous le coup de l’outrage.


En effet la Cour de cassation n’a donné aucune définition de l’infraction. De même la Cour de cassation n’exige aucun certificat médical s’agissant des violences requises pour constituer le délit de rébellion. Cela va même plus loin, car la Cour de cassation estime que ces délits sont constitués même si le contrôle était illicite !


Ainsi, un policier qui commet un excès en procédant à un contrôle d’identité que la loi n’autorise pas doit-il être respecté au point de ne pas le lui faire remarquer! D’autre part, le but recherché est principalement de constituer les preuves des irrégularités. En adoptant un comportement agressif l’on serait contre-productifs. Pourquoi ?


Et bien, rappelons nous que la loi n’impose pas aux policiers d’informer l’intéressé sur le cadre du contrôle qu’ils opèrent. Or, la fait de savoir s’il agissent dans le cadre d’une enquête préliminaire, sur réquisitions du procureur de la république, dans un cadre judiciaire ou administratif est fondamental puisque cela conditionne les règles auxquelles ces policiers doivent se soumettre.


Si la loi ne leur impose pas de le dire, et leur ne leur interdit pas non plus ! On peut donc, en adoptant une attitude coopérative en apparence, essayer de savoir. Etre agressif, c’est se priver à tout coup de cette information, être en apparence poli et coopératif, c’est multiplier les chances de savoir. L’organisation des preuves repose sur d’autres moyens, en droit, le témoignage des proches est toujours suspect.


Ainsi les parents ne peuvent pas témoigner devant un tribunal pour ce type d’affaire ; l’article 448 du Code de procédure pénale suspecte la validité de tels témoignages.


L’idéal est donc de recourir à des témoignages extérieurs, notamment en demandant aux passant de faire preuve de civisme. Il faut donc au moment du contrôle avoir la présence d’esprit de contacter les passants en prenant leur coordonnées ou en laissant les votre.


Une des techniques mises au point par les militants politiques ou syndicaux consiste à imprimer une multitude de petits papiers comportant nom, adresse et coordonnées et en cas de contrôle ou arrestation les faire voler par centaines sur la voie publique en espérant que des passants les ramasseront et prendront contact avec un avocat ou avec la personne ultérieurement.


Il convient aussi de demander chaque fois que cela est possible qu’un procès verbal soit dressé, que le procureur de la république et/ou des membres proches soient avertis de la procédure dont on fait l’objet. Nous ne pouvons que renvoyer à la lecture des 5 premiers chapitres pour déterminer quand cela est possible. Au stade du contrôle il n’y a rien de plus à faire, en revanche d’autres démarches sont possibles a postériori.


La commission nationale de déontologie de la Sécurité

Par ailleurs, indépendamment cette fois d’un cas individuel, tout citoyen peut saisir une nouvelle commission mise en place par la loi du 6 juin 2000, la commission nationale de déontologie de la sécurité.


Autorité administrative indépendante, elle est chargée «de veiller au respect de la déontologie par les personnes exerçant des activités de sécurité sur le territoire de la République ». Toute personne qui a été victime ou témoin de faits, dont elle estime qu’ils constituent un manquement aux règles d’éthique, commis par un policier ou encore par un agent de sécurité, peut porter ces faits à la connaissance de la commission.

Toutefois, on ne peut la saisir directement ; la réclamation doit être adressée à un sénateur ou à un député qui la transmettra à la commission. La loi ne définit pas ce qu’elle entend par « déontologie de la sécurité ». Il s’agit de créer un ensemble de règles propres à l’exercice d’une profession et donc de créer un état d’esprit, respectueux de valeurs essentielles.


La violation de ces règles déontologiques ne reçoit pas nécessairement de qualification pénale. C’est le travail de la Commission, notamment au travers des dossiers qu’elle aura à connaître, qui permettra de définir un ensemble de règles communes et de pratiques applicables par l’ensemble des acteurs de la sécurité. Il est important de la nourrir de situations concrètes pour mesurer l’effectivité de son rôle.


Toute personne, témoin ou victime de comportements dont elle pense qu’ils méconnaissent un manquement à la déontologie des agents publics ou privés de sécurité, ne doit pas hésiter à se saisir de cette nouvelle opportunité.


On peut envisager de former une réclamation en cas d’attitudes ou de propos vexatoires ou racistes, de tutoiements injustifiés, de rétention indue de documents alors que la personne contrôlée a normalement présenté un document d’identité ou l’autorisant à séjourner en France, de fouilles à corps en dehors de toute hypothèse d’infraction flagrante… Rien n’empêche de signaler également des pratiques de contrôles au faciès et donc discriminatoires.


La commission est dotée par la loi de différents pouvoirs. Elle peut ainsi demander aux autorités publiques et aux personnes privées exerçant des activités de sécurité de lui communiquer toutes les informations utiles à sa mission, aux ministres de saisir les corps de contrôle afin de réaliser des études et de procéder à des vérifications, de convoquer toutes les autorités concernées et de leur adresser un avis pour que cessent les manquements constatés.


La commission peut aussi porter à la connaissance du procureur de la République les faits dont elle a été saisie et qui laissent présumer l’existence d’une infraction. Enfin, elle est compétente pour proposer au gouvernement toute modification de la législation ou de la réglementation dans les limites de son objet. Tous les ans, la commission remet un rapport d’activité qui doit être rendu public.


Adresse :

Commission nationale de déontologie de la sécurité 66 rue de Bellechasse 75007 Paris

Secrétariat général : 01 42 75 53 56

 

********************

Ces quelques lignes sont tirées d’une brochure rédigée par un camarade de l’Action Antifasciste, spécialiste du Droit : « Face à la police – Guide des droits ». Nous pouvons vous le faire parvenir en fichier PDF sur simple demande à notre adresse mail : cultureclash.propaganda@gmail.com

(Par Dolly.)

Par Culture Clash - Publié dans : Militantisme pratique
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Pourquoi culture clash?

avatar-blog-1150193706-tmpphpqBtchOPourquoi culture clash? Internet déborde déjà d’une multitude de blogs qui décrivent chacun leur petite parcelle de réalité... on s’y raconte, on s’y rencontre et on s’y met en scène. Le capitalisme a compris depuis longtemps que la libre circulation des «opinions» ne le menace pas. Dans les faits, il s’agit simplement de masquer la brutalité de l’idéologie dominante, de ce qui fonde la reproduction du système dans lequel nous vivons, sous de multiples expressions «individuelles» désordonnées... De «ferme ta gueule» à «cause toujours», l’effet reste le même et les vaches, ou plutôt les moutons, sont bien gardés.

Un révolutionnaire chinois aimait dire que sans enquête il n'y a pas de droit à la parole. Cette phrase, qui fait frémir à bon droit nombre de démocrates, ne dit qu’une seule chose: sans politique, sans pratique politique réelle, il n’y a rien à dire et rien à écrire.

Il ne s’agit donc pas ici d’engager le combat, par clavier interposé, contre le capitalisme. Ce combat se livre tous les jours.
Il ne s’agit pas non plus de passer un costume révolutionnaire comme on devient ninja ou chevalier de la lune en se branchant sur une banale console de jeux vidéo.
Le communisme n'est pas un divertissement, ce n'est pas non plus un défouloir ou un dépotoir, c'est une politique qui plonge ses racines dans la lutte des classes, dans ce que nous vivons tous les jours, au travail et en dehors.

Mais pour le penser, il faut faire émerger les fragments de cette réalité de lutte, désordonnés et éparpillés, que camoufle l’idéologie dominante et ses avatars de toutes «opinions». Rendre visible l'invisible, ce dont personne ne parle : à commencer par la violence de l'exploitation que nous subissons.

Il s’agit de mener la lutte des classes au niveau des idées comme on la mène sur tous les terrains. L’emploi du «je» dans certains articles n’implique aucune rupture avec le «nous» que nécessite l’organisation des révolutionnaires, il démontre plutôt que la politique communiste doit aussi se vivre à l’intérieur de chaque sensibilité particulière, malgré ou à cause des tiraillements qu’elle impose.

L’activité théorique, la lutte théorique doit faire partie de notre quotidien, pour comprendre la situation dans laquelle nous sommes. L’humilité de celui qui apprend doit remplacer l’ironie de celui qui sait ou qui croit savoir, il faut combattre la prétention des militants à s'exprimer sur tout mais à ne rien étudier vraiment.

Le capitalisme n'impose pas seulement une division économique, il impose également une division du travail entre les manuels et les intellectuels. Cette division se reproduit y compris au niveau des structures militantes. Il y a, en France comme ailleurs, une activité militante débordante et multiforme, à quel moment prend-elle appui sur le théorie communiste pour l'approfondir et pour l'améliorer?

Quant aux communistes, à quel moment fondent-ils leur réflexion sur la pratique réelle des luttes de la classe qu'ils se proposent de défendre?

C'est de ce lien entre l'activité pratique et théorique que dépend aujourd'hui la possibilité de fonder ou de refonder une politique révolutionnaire. C'est pour cela qu'il faut débattre, critiquer, s'informer et se former. C'est pour cela qu'il faut se construire un point de vue. C'est pour cela que culture clash existe.

 
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