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avatar-blog-1150193706-tmpphpqBtchOCe blog, comme l'émission Radio Clash que vous pouvez écouter en direct, via internet : www.beaubfm.org, tous les jeudis soirs de 20h à 21h, ou en podcast sur ce site, donnent la parole à celles et à ceux qui se battent contre le capitalisme. Il s'agit d'un outil pour expérimenter une nouvelle manière de s'informer et de débattre en partant des préoccupations réelles qui s'expriment dans les luttes. Ses animatrices et ses animateurs vivent et travaillent dans la banlieue nord de Limoges, ils partagent la même volonté de sortir des discours convenus pour construire une alternative qui prenne en compte tous les aspects de la vie.

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Parce qu'il faut bien y passer un jour, Jean Ferrat est mort aujourd'hui. Il ne croyait ni à l'enfer ni au paradis, il n'a donc retrouvé personne en fermant les paupières... Et que reste-t-il de lui? Les hommages confondus de Robert Hue, de Marie-George Buffet, de Martine Aubry, de Nicolas Sarkozy ou de Michel Drucker sont là pour nous rappeller le naufrage que ses chansons ont accompagné.

Comme l'orchestre du Titanic, il n'avait jamais cessé de jouer pendant que le communisme français disparaissait corps et biens. Et comme ce parti auquel il s'était si passionnément identifié, il n'avait, lui non plus, rien formulé d'audible depuis plus de quarante ans.

Mon seul souvenir de lui n'est pas un très bon souvenir. J'étais malade comme un chien mais j'avais quand même décidé de prendre un bus de la CGT pour aller à une manifestation à Paris... Malgré la fièvre j'avais réussi à m'endormir jusqu'à ce qu'un bruit que je n'arrivais pas à identifier me réveille brutalement. Tout le bus reprenait en choeur... "et pourrrr-tant que la montagne est béééll-eeeuuu". L'enfer.

Sa mort pourtant me parle d'un autre temps, un temps où l'on avait pas honte d'être ouvrier et de vivre en HLM et où l'on ne s'en vantait pas non plus... Un temps où les éditions Messidor trônaient dans les salons et où l'on offrait aux gamins les principes de Politzer. Un temps où l'on s'arrêtait devant les affiches de Marchais, collées à l'entrée de Radar  et où l'on riait quand il parlait à la télé.

Chez moi c'était un peu différent, mon grand-père avait connu les camps de Staline après les camps disciplinaires nazis. Les blagues d'un communiste qui avait travaillé chez Messerschmitt pendant la guerre, ça ne le faisait pas tellement rire.

Mais ce temps était aussi plus critique que l'on veut bien le dire aujourd'hui, parce que les vieux résistants n'avaient jamais vraiment fermé leurs gueules quand le parti les avait désarmé, parce que les Algériens avaient bien raison de faire péter des bombes malgré ce que l'on racontait dans les réunion de cellule, parce que l'on peut trahir la révolution mais pas l'injustice qui la nourrit.

Je n'ai pas de tendresse particulière pour cette période, j'en ai par contre pour les militants que j'ai connu et qui, demain, au bureau de vote, vont encore se demander si je vais venir ou pas... si je vais enfin rentrer à la maison.

Je pense à une femme surtout, qui devait avoir dans les soixante ans, un jour elle m'avait demandé de l'accompagner pour distribuer des tracts dans des fermes au nord de Limoges, elle avait terriblement peur des chiens. Pour moi c'était ça le communisme, cette femme qui appelait en patois devant un portail au milieu de la campagne, avec une pile de tracts sous le bras.

Je sais qu'elle aurait pleuré aujourd'hui, sur Ferrat, et peut-être un peu sur sa jeunesse et sur ce communisme qui n'en finit pas de renaître de ses cendres.
Par Vardel - Publié dans : Journal
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Le capitalisme s'est toujours méfié des gens qui réfléchissent, réfléchir c'est déjà demander des comptes. En plus de 200 ans il a trouvé bien des moyens de nous vacciner contre l'activité intellectuelle et de nous "divertir"... En cherchant toujours à faire de la pensée le terrain de jeu d'intellectuels le plus souvent rétribués par l'Etat.

Il suffit alors que quelques clowns médiatiques donnent une image aussi vide que répugnante de l'économie ou de la philosophie pour en éloigner irrémédiablement tous ceux qui veulent se battre réellement contre le système.

En France la défiance des ouvriers envers les intellectuels est une vieille affaire, elle date de 1848. Au moment où, au coeur de cette révolution peu connue, les seconds ont trahi les premiers pour se rallier au projet politique de la république bourgeoise.

Aujourd'hui encore, un peu partout, certain font l'éloge de leur propre ignorance. Méprisant toute discipline de la connaissance et tout effort intellectuel, ils picorent deux ou trois références et vantent les mérites de l'éclectisme et de la lecture en diagonale.

Singeant l'accent "prolo", ils se vantent de ne rien savoir ou ils refusent de se fatiguer à lire, en faisant comme s'il n'était pas possible d'apprendre collectivement.

Ces gens là sont pourtant des intellectuels le plus souvent, et leur manière de faire ne traduit qu'une seule chose... sous le vernis superficiel d'un populisme de bon aloi, ils tentent de préserver ce qu'ils considèrent comme leur domaine réservé : celui de la pensée.

La philosophie n'est pas cette masse anecdotique et informe que l'on nous présente et si les dominants s'en réservent l'usage et l'enseignement, c'est qu'ils savent qu'elle peut devenir une arme puissante au service de la révolution.

"Si la philosophie sert à quelque chose, c'est bien à éloigner de nous le calice des passions tristes, à nous enseigner que la pitié n'est pas un affect loyal, ni la plainte une raison d'avoir raison, ni la victime ce à partir de quoi nous devons penser.

D'une part, comme l'établit une fois pour toute le geste platonicien, c'est du Vrai, décliné s'il le faut comme Beau ou comme Bien, que s'origine toute passion licite et toute création à visée universelle.

D'autre part, l'animal humain, comme on le sait depuis Rousseau, est essentiellement bon, et, quand il ne l'est pas, c'est que quelque cause extérieure l'y contraint, cause qui doit être détectée, combattue, et détruite dès que possible, sans la moindre hésitation.

Ceux qui prétendent que l'animal humain est malfaisant ne veulent que le domestiquer pour en faire, au service de la circulation des capitaux, un salarié morose et un consommateur déprimé.

Capable qu'il est de créer dans divers mondes des vérités éternelles, l'homme détient en lui-même l'ange dont les religions voulaient le doubler. C'est ce qu'enseigne, depuis toujours, la philosophie proprement dite.

Pour que cet ange intérieur se déclare, il importe de tenir un principe, une maxime, finalement toujours la même. Choisissons celle de Mao : -rejetez vos illusions et préparez-vous à la lutte. -

Tenir le vrai contre l'illusoire et, quelles que soient les circonstances, combattre plutôt que se rendre, je ne vois pas qu'une philosophie véritable (...) puisse désirer autre chose"
Alain Badiou, Petit panthéon portatif, 2008

Par Vardel - Publié dans : Journal
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"Un jour viendra où un coup d'oeil tranquille établira l'ordre et l'unité dans le laborieux chaos qui commence demain.
" Cesar Pavese - A propos de certaines poésies non encore écrites/Travailler fatigue (février 1940)

Le temps s'enfuit et tous les journaux font leurs gros titres sur le retour de la neige... pourquoi se fatiguer encore à parler de politique. La politique, comme la tolérance, il y a des maisons pour ça. De grandes et belles maisons : l'assemblée nationale, le sénat... d'autres sont un peu moins huppées comme les conseils régionaux et les conseils généraux. Tout en bas, les mairies, moins prestigieuses, offrent pourtant leur lot d'excitation démocratique.

Ce n'est pas un plaisir facile que l'on y gagne, on y croule sous les dossiers et on y meurt, le plus souvent, les bras neufs et la langue usée. C'est là que se décident à quel âge on va partir à la retraite et si on va, oui ou non, passer notre rue en sens unique...

La politique a aussi ses lieux d'aisance. Le rituel s'y perpétue d'années en années, ce sont généralement des restaurants réservés, si l'on est de droite, et des salles municipales pas très sexy si l'on est de gauche. L'élu y vient régulièrement rencontrer ses disciples, parfois pour présenter son bilan et le plus souvent pour préparer la prochaine échéance  : la bonne, la vraie, celle où l'on va voir ce que l'on va voir. Il faut se le dire, pour ceux qui nous représentent, le monde se refait au kir et à la frangipane industrielle.

Mais il y a d'autres lieux pourtant, des coins de rues balayés par le vent, des coins de rues où l'on discute... Une aide-soignante qui raconte qu'elle a calculé qu'elle va devoir travailler jusqu'à 67 ans, une ouvrière de l'imprimerie qui dit que, pour son chef, après 50 ans t'es bonne à jeter. De petits coins où se retrouvent de petites gens, des gens de rien... de ces gens qui font tourner le monde, avec leurs mains, avec leurs rires et avec toute l'intelligence qu'il faut pour vivre.

Et puis il y a ce dernier lieu... le boulot, cet endroit où l'on passe la majeure partie de sa vie avec des collègues que l'on a pas vraiment choisi. C'est pourtant là que l'on mesure n'importe quel changement véritable : la première fois où l'on se réunit, quand on ferme la porte et qu'il n'y a plus de patron, plus de cadres et plus d'experts...  quand le collègue le plus bavard se tait sèchement parce qu'il veut laisser parler les autres, quand les points de vues se confrontent et qu'en tâtonnant on trouve une discipline qui ne doit rien à celle de l'école, de l'église ou de l'armée.

Il y a plus à apprendre en discutant avec un cariste qu'en faisant la somme de tout ce que l'on peut entendre dans les réunions publiques. La politique est là, à chaque coin  de rue... chaque fois que quelqu'un rit sous cape parce son chef, sans même s'en rendre compte, le prend pour un abruti... Cette humiliation là il faut l'avoir vécue pour la comprendre vraiment et pour savoir ce que l'on ressent ensuite, quand on est plusieurs et quand on peut lui faire sentir que tout ce qu'il dit ne peux plus nous atteindre.

Ceux qui en font leur gagne-pain ou ceux qui en tirent leur vaniteuse identité ont si bien fait qu'on ne la reconnaît plus cette politique, fardée de discours convenus, obèse de formules creuses et de promesses sans lendemain. Elle ne demande pourtant qu'à renaître... Dans quelques jours le score de la liste unie du Front de gauche et du NPA va raisonner comme un coup de tonnerre dans le ciel électoral.

C'est donc demain que tout commence, parce que ce score et l'abstention qui va l'accompagner, témoigneront à leur manière de l'incroyable besoin de changement qui existe ici. C'est sur cette vague là que va se faire une élection régionale qui n'a pourtant intéressé personne. Et c'est cette vague là que la digue électorale risque d'avoir du mal à contenir.

On l'oublierait presque mais ce siècle est jeune, le précédent a offert une majuscule au mot résistance... le notre n'en est encore qu'à tracer les minuscules du renoncement.
Par Vardel - Publié dans : Journal
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"Cette maladie toute spéciale qui, depuis 1848 a sévi sur le continent, à savoir le crétinisme parlementaire, qui relègue dans un monde imaginaire ceux qui en sont atteints et leur enlève toute intelligence, tout souvenir et toute compréhension pour le rude monde extérieure"  Karl Marx, La 18 brumaire  de Louis-Napoléon Bonaparte, 1852

La campagne régionale touche à sa fin et jamais les gens n'ont semblé aussi indifférents à ce qui va se passer ou plutôt ne pas se passer ce week-end.

Force est de constater pourtant que les programmes des uns et des autres n'ont jamais été aussi concrets et aussi réalistes. Il suffit d'ouvrir n'importe quel journal pour s'en convaincre... en mesurant l'insignifiant jus de crane dépensé depuis quelques mois en péroraisons techniques et en expertises inutiles.

Prenons quelques propositions au hasard, l'inventaire, authentique, est édifiant : création d'une brigade de policiers chargés des lycées (vraisemblablement équipés de bombes lacrymogènes goût malabar), construction d'usines propres fabricants des panneaux photo-voltaïques, conditionnement des aides aux entreprises pour assurer un "mieux-disant" social, développement de pôles aériens innovant pour favoriser les technologies du futur (avions électriques ou à énergie solaire), relocalisation des entreprises par une fiscalité attractive, création d'un pôle spécifique d'aide aux PME/PMI...

Devant une telle débauche, on se demande bien pourquoi les gens vont rester chez eux dimanche plutôt que d'aller saluer de telles prouesses d'imagination. Et moins ils votent, plus ceux qui veulent les représenter en rajoutent une couche dans la proposition "concrète", persuadés qu'ils sont d'être modernes et de leur parler vraiment de ce qu'ils vivent.

A l'idéologie sécurisée de la réussite par le mérite, du marché et de la concurrence, régulés par l'Etat et ses finances généreuses, s'oppose donc.... une idéologie un peu plus sociale, permettant la réussite du plus grand nombre, dans le cadre d'un marché régulé par l'Etat et par ses finances encore plus généreuses.

Le tout à grandes louches d'utopies plus ou moins vagues, puisque c'est à cela que servent les utopies... pour faire court: la droite compte sur l'identité nationale de la Fance éternelle et la gauche s'attache plutôt à nous redonner "l'espoir".

Quelques happening sont quand même venus exciter ces débats aussi passionnants qu'une soirée-mousse au sénat. Ils ont tous en commun ce racisme grossier qui devient la caractéristique principale de la société française, mais aussi la hauteur d'esprit qui anime sa classe politiques : des commentaires de George Frèche aux épluchages de casiers judiciaires, en passant par la présence de candidates voilées, la pente a été rude et le chemin tortueux pour tenter de gagner les coeurs et les esprits.

Et si l'on regarde d'un petit peu plus prés les listes on se rend également compte que, par-delà les étiquettes, elles sont socialement parfaitement homogènes . En Limousin, la seule tête de liste issue des "milieux populaires", comme disent les sociologues, est celle du Front National, il y a également un ingénieur, un architecte, un directeur de journal, tous les autres sont enseignants. Normal finalement... puisqu'en Limousin, comme ailleurs, il n'y a plus d'ouvriers.

 

Des ouvriers qui n'existent pas mais qui ont pourtant continué leur campagne eux aussi, de grèves en grèves, en attendant les plans sociaux qui ne vont tarder à tomber, le patronat ayant toujours la délicatesse de ne pas perturber la bonne marche des consultations citoyennes.

C'est finalement le triomphe du capitalisme d'avoir su imposer sa règle comme le socle de toute modernité ou de tout changement réaliste. Et c'est ce triomphe là qu'étale, en le tartinant un peu partout, cette campagne qui n'a rien de politique, puisqu'elle renvoie la population à un rôle aussi passif qu'accessoire. Qu'importe en effet que ce suffrage n'ait rien d'universel, qu'importe que l'abstention explose : les élus de dimanche se verront vraiment comme les représentants du peuple.


Refuser le jeu, c'est refuser les règles de l'adversaire : l'horizon indépassable du capitalisme, la concurrence et l'inégalité qui lui permettent de se déployer. Aujourd'hui, il n'y a guère que dans les luttes que s'exprime véritablement cette politique, que s'exprime la politique. Et si les gens ne votent pas c'est simplement, que, chacun dans leur rôle, les partis institutionnels ont réussi à disqualifier l'idée même d'un changement possible alors que la situation sociale n'en finit plus d'être intenable.

 

Personne n'a de solution sur ce qui peut ou sur ce qui doit se passer. Ce qui est concret par contre, c'est d'écouter ce qui s'exprime réellement, la sourde révolte qui grandit un peu partout et d'apprendre de ces luttes qui ont lieu, comme on peut leur apprendre à se renforcer jusqu'à une rupture radicale avec l'ordre du marché. Un ordre que défendent tous les apôtres modernes du capitalisme régulé, tous les experts du concret qui sont, concrètement, de simples rouages de ce système qui les fait vivre.

Par Vardel - Publié dans : Journal
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"Il y a quand même bien des politiciens honnêtes
-Oui... il y a aussi des poissons volants mais ce ne sont pas les plus nombreux"

  Henri Verneuil- Le Président (1961)

Début de partie... la fabrique de l'absurde tourne en 3/8.

A l'occasion de la journée de la femme, Nicolas Sarkozy vient d'annoncer  le retour en France de
Najlae Lhimer. Cette jeune lycéenne de Lorient avait arrêtée et expulsée alors qu'elle s'était rendue à la gendarmerie pour dénoncer les brutalités de son frère.

Sur internet, les avis vont bon train : "c'est toute la fratrie qu'il fallait expulser!" peut-on lire sur Youtube. "en France au moins il y a des lois pour protéger les femmes, ceux qui ne sont pas contents n'ont qu'à rentrer chez eux" note un autre commentateur.

La communication de l'Elysée est parfaite. La barbarie implacable qui frappe les sans-papiers est quotidienne et invisible, des fonctionnaires anonymes l'appliquent partout, sans sourciller. Mais pour continuer à l'appliquer, il faut lui donner un nom et un visage : ce sera celui de cette jeune femme... qui a gagné le droit de rester en France sous les coups de poings.

L'exception démontre que la loi est sévère mais qu'elle sait aussi être juste. Le président est sur tous les fronts, il étudie, il décide et il rend lui-même la justice en monarque absolu.

La barbarie on la renvoie à l'autre, au frère, à l'arabe, avec quelques arrières pensées, parce que chez les gaulois, on cogne aussi pas mal quand même... La question n'est pas de le défendre bien entendu, il s'agit simplement de se demander qui instrumentalise qui et en quoi cette décision humaniste est inhumaine.

La première chose c'est d'affirmer que ce n'est pas seulement la loi qui mettra un terme aux violences quotidiennes qui s'exercent contre les femmes. Ce n'est pas non plus un système qui spécule sur tout et qui impose partout la concurrence et la compétition, entre les hommes, entre les femmes ou dans les relations entre les sexes, qui pourra les libérer.

Le sexisme on le prend constamment dans la gueule : au boulot, dans la rue mais aussi quand on milite. Là, pour le coup, il n'a pas un visage mais il en a plusieurs. Il a celui de cette copine confrontée au supplice médico -psychiatrique qu'on lui impose parce qu'elle veut changer de sexe,  celui de son pote qui lui dit que l'homosexualité le dégoûte.

Il a aussi le mien quand j'ai un comportement de merde que je ne veux pas remettre en cause. Ce n'est pas quelque chose qui nous est extérieur c'est une gangrène intime qui nous divise et qui menace n'importe quel cadre de la vie collective.

Militer vraiment, c'est en faire l'expérience, faire l'expérience de l'incroyable diversité des situations que l'on rencontre au sein de notre classe. Et c'est s'appuyer là-dessus pour s'unir contre l'exploitation, pour construire d'autres rapports entre les gens, des rapports qui ne condamnent pas les femme à une image de maman ou de putain et les homme à alterner les rôles de bourreau ou de pauvres bébés irresponsable.

Mais pour agir il faut définir son champ d'action, c'est pour cela qu'il est question de classes et pas d'individus. Ça ne gomme pas les différences, au contraire, elles ne peuvent vivre qu'en s'insérant et en se confrontant dans un mouvement collectif . L'égalité des uns s'arrête, jusqu'à nouvel ordre , là où commence, pour les autres, la liberté de les exploiter.

Il faut aussi lire ce que l'on ne nous dit pas : s'il n'y avait pas eu de mobilisation pour alerter l'opinion sur le cas de Najlae Lhimer personne n'en aurait jamais entendu parler, et certainement pas Nicolas Sarkozy.

Cette mobilisation-là s'est construite contre une politique aveugle, comme toutes les politiques d'Etat, contre une politique qui impose un véritable apartheid à une parie de la population.

Un peu partout, on convoque les sans-papiers, sous n'importe quel prétexte, pour les interpeller et pour les expulser. A Limoges cela vient d'être le cas, sur la base d'une lettre de dénonciation... l'expulsion a été annulée in-extremis. Et demain, quoi?

Un peu de sérieux, s'il y a des parasites en France, ce ne sont certainement pas les sans-papiers qui vivent et qui travaillent ici. Regardons plutôt du côté des banques ou de ces capitaines de l'industrie qui ajustent la variable humaine comme on ajuste une machine, alors qu'ils en tirent tout ce qu'ils s'accaparent.
 
C'est généralement-là qu'intervient le théorème du "poisson volant". Comme Nicolas Sarkozy, qui avait besoin d'un geste humain pour continuer à mener sa politique inhumaine, à chaque fois que l'on dénonce l'exploitation qu'impose le capitalisme, Il se trouve toujours une voix pour dire : "tous les patrons ne sont pas comme ça, moi j'en connais un, il a du mal à joindre les deux bouts..."

Si l'on pointe le rôle de l'école dans la reproduction des classes sociales, c'est la même chose : "il y en a aussi qui s'en sortent s'ils veulent vraiment"... C'est vrai, ma mère a été à l'université, elle était la seule de son quartier et si on vous montre une photo de groupe vous la reconnaîtrez tout de suite, même si vous n'avez jamais vu son visage.

C'est cela qu'il faut dénoncer aujourd'hui, ce n'est pas l'affligeant spectacle politique que l'on nous offre, ce ne sont pas les médias qui le relaient complaisamment en s'y vautrant, ce ne sont même pas les "penseurs" qui le justifie...

C'est cette passivité uniforme, ce refus obstiné de prendre véritablement position, de tout relativiser et d'avoir  systématiquement le cul entre deux chaises en tartinant sur la complexité des problèmes... Parce que c'est ça finalement qui laisse le champ libre aux manipulations les plus grotesques et aux politiques les plus inhumaines.
Par Vardel - Publié dans : Journal
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Pourquoi culture clash?

avatar-blog-1150193706-tmpphpqBtchOPourquoi culture clash? Internet déborde déjà d’une multitude de blogs qui décrivent chacun leur petite parcelle de réalité... on s’y raconte, on s’y rencontre et on s’y met en scène. Le capitalisme a compris depuis longtemps que la libre circulation des «opinions» ne le menace pas. Dans les faits, il s’agit simplement de masquer la brutalité de l’idéologie dominante, de ce qui fonde la reproduction du système dans lequel nous vivons, sous de multiples expressions «individuelles» désordonnées... De «ferme ta gueule» à «cause toujours», l’effet reste le même et les vaches, ou plutôt les moutons, sont bien gardés.

Un révolutionnaire chinois aimait dire que sans enquête il n'y a pas de droit à la parole. Cette phrase, qui fait frémir à bon droit nombre de démocrates, ne dit qu’une seule chose: sans politique, sans pratique politique réelle, il n’y a rien à dire et rien à écrire.

Il ne s’agit donc pas ici d’engager le combat, par clavier interposé, contre le capitalisme. Ce combat se livre tous les jours.
Il ne s’agit pas non plus de passer un costume révolutionnaire comme on devient ninja ou chevalier de la lune en se branchant sur une banale console de jeux vidéo.
Le communisme n'est pas un divertissement, ce n'est pas non plus un défouloir ou un dépotoir, c'est une politique qui plonge ses racines dans la lutte des classes, dans ce que nous vivons tous les jours, au travail et en dehors.

Mais pour le penser, il faut faire émerger les fragments de cette réalité de lutte, désordonnés et éparpillés, que camoufle l’idéologie dominante et ses avatars de toutes «opinions». Rendre visible l'invisible, ce dont personne ne parle : à commencer par la violence de l'exploitation que nous subissons.

Il s’agit de mener la lutte des classes au niveau des idées comme on la mène sur tous les terrains. L’emploi du «je» dans certains articles n’implique aucune rupture avec le «nous» que nécessite l’organisation des révolutionnaires, il démontre plutôt que la politique communiste doit aussi se vivre à l’intérieur de chaque sensibilité particulière, malgré ou à cause des tiraillements qu’elle impose.

L’activité théorique, la lutte théorique doit faire partie de notre quotidien, pour comprendre la situation dans laquelle nous sommes. L’humilité de celui qui apprend doit remplacer l’ironie de celui qui sait ou qui croit savoir, il faut combattre la prétention des militants à s'exprimer sur tout mais à ne rien étudier vraiment.

Le capitalisme n'impose pas seulement une division économique, il impose également une division du travail entre les manuels et les intellectuels. Cette division se reproduit y compris au niveau des structures militantes. Il y a, en France comme ailleurs, une activité militante débordante et multiforme, à quel moment prend-elle appui sur le théorie communiste pour l'approfondir et pour l'améliorer?

Quant aux communistes, à quel moment fondent-ils leur réflexion sur la pratique réelle des luttes de la classe qu'ils se proposent de défendre?

C'est de ce lien entre l'activité pratique et théorique que dépend aujourd'hui la possibilité de fonder ou de refonder une politique révolutionnaire. C'est pour cela qu'il faut débattre, critiquer, s'informer et se former. C'est pour cela qu'il faut se construire un point de vue. C'est pour cela que culture clash existe.

 
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